jeudi 22 juin 2017

Trois grands en larmes

Hier, c’était la dernière journée des classes.

Hier, j’étais pognée dans le trafic sur De Lorimier, vers 15 heures. Un solide trafic.
Je ne pouvais même pas prendre des petites rues pour faire un détour et me faire croire que je gagnais du temps. TOUT ÉTAIT JAMMÉ.

J’avance à pas de tortue. Je suis devant une école primaire.
Au coin de la rue, je vois un attroupement d’enfants et quelques adultes.

Dans ce groupe, il y a 3 grands. Un gars et deux filles.
Et ils pleurent à chaudes larmes en serrant une adulte dans leurs bras.

Trois grands, souvent too cool for school, qui ont dû en faire baver à leur prof par moment. Trois grands pré-ado, qui commencent à changer, à vieillir, à mûrir, à quitter l’enfance.
Trois grands qui veulent être traité en adulte, qui veulent imiter les grands.
Trois grands qui ne sont plus des enfants et qui se sont battus toute l’année pour le faire réaliser.

Trois grands.
Trois grands qui viennent de finir le primaire. Qui quitte leur école, peut-être aussi quelques amis, qui, après avoir été les plus vieux et les plus cool devront tout reconstruire à zéro dans une autre école. Doublement plus grande, doublement plus intimidante, jusqu’à ce qu’ils deviennent les grands de cette école-là.

Trois grands qui vont redevenir petits.
Trois grands qui tournent une page de leur vie.
Et qui le réalisent là, sur le coin d’une rue, entre une brigadière et un banc de parc.

Ils pleurent à chaudes larmes et serrent dans leurs bras leur professeur.
Leur dernier port d’attache à l’enfance.
La prof qui les a sans doute fait baver pendant l’année, qu’ils ont peut-être même détesté par moment mais qui les a tout de même marqué. Une prof qu’ils ont côtoyé, qu’ils ont aimé, à qui ils se sont confiés. Une prof qui a fait partie de leur vie, qui a été un pilier, un point central de leur univers, de septembre à juin.

Tellement qu’ils pleurent de devoir se séparer d’elle.

Et elle aussi, elle est émue. Elle fait des câlins à répétition et donne des mots d’encouragement et de réconfort.
Elle finit par se détacher du noyau. Elle quitte et dès qu’elle est dos, elle essuie discrètement une larme.

Les trois grands restent encore sur leur coin de trottoir, n’osant pas se séparer, n’osant pas finir ce dernier moment.

Dans ma voiture, je les regardais.
J’étais émue, même si je ne connais personne dans cette histoire.
J’ai été le témoin privilégié de ce moment doux et déchirant et tellement important.

Et j’aimerais en profiter pour remercier les profs.
Qui font une job extraordinaire, à tous les jours. Qui donnent de leur temps, qui s’impliquent, qui s’intéressent aux jeunes.

Ça doit ne pas être toujours facile, mais sachez que vous êtes importants.
Vous faites une différence.

Merci infiniment.

jeudi 15 juin 2017

3 policiers, 1 gars pis 1 pénis

Je marchais au centre-ville, en fin de journée.
En attendant le feu vert pour traverser, j’ai vu 3 policiers avec un homme.

Un policier était en train de lui expliquer, le plus calmement et sérieusement du monde, pourquoi il devait garder son pénis dans ses pantalons.

Ce à quoi le jeune homme, tout aussi calmement et sérieusement répondait «Oui, je comprends. Je comprends tout à fait.»

Déjà là, on dirait une scène dans une comédie. 
Genre de truc qu’on pourrait retrouver dans Scary Movie 17.
Tu vois ça dans un film, tu échappes peut-être un sourire. Et tu te dis «Franchement».
Tu vois ça dans la vraie vie, tu espères que la lumière ne virera jamais au vert pour avoir le temps d’apprécier toute la scène.

La scène continue.

Le policier enchaine : «Tu nous dis que tu comprends, mais je pense pas que tu comprends. Ton pénis est encore sorti.»
Le gars : «Mais je vous dis que je comprends. Est-ce que je peux m’en aller maintenant?»

Le policier lui réexplique que la première étape, s’il comprend bien, c’est de rentrer son pénis. Ensuite, il répète pourquoi il ne faut pas le sortir en public. Là, si le gars a toutes les bonnes réponses et qu’il promet de ne plus le faire, il pourra partir.

Quand j’ai réalisé ce qui se passait, j’ai souri toute seule.
J’étais en train de regarder 3 agents de la paix essayer de convaincre gentiment un homme de mettre son pénis dans ses pantalons.
Je ne sais pas s’ils ont un cours spécial là-dessus à l’école de police de Nicolet.
Mais en tout cas, ils étaient prêts à intervenir au besoin: ils avaient tous enfilés des gants pendant qu'ils lui parlaient. 

Même si leurs arguments étaient vraiment bons et sensés, le gars hésitait encore.

Finalement un policier a sorti son argument massue :
«Rentre ton pénis. Il fait un gros soleil, tu risques de pogner un coup de soleil dessus. Pis ça ne doit pas être cool, plumer du bat.»

Ça ne doit pas être cool plumer du bat.

J’ai deux questions pour ce policier: 

1-Est-ce qu’il va écrire ça dans son rapport?

2-Et comment il a fait pour dire ça sans rire?! 

Le gars a fini par promettre, il a rentré son pénis et tout le monde est parti chacun de son côté. 
Et je pense qu'il n'y a rien dans ma vie qui va toper ce moment. 

Parce que tsé, J’AI ENTENDU UN POLICIER DIRE, PENDANT L’EXERCICE DE SES FONCTIONS, «ÇA NE DOIT PAS ÊTRE COOL PLUMER DU BAT». 

jeudi 8 juin 2017

Ta robe de bal

C’est bientôt la saison des bals de finissants!
Et j’adooooooore la saison des bals de finissants.

Je trouve ça le fun de me promener et de voir ces jeunes, excités et bien habillés, se préparer pour «la soirée de leur vie» (mais pour vrai, je ne veux pas être plate, mais la soirée de ta vie, c’est pas ton bal. C’est la soirée où tu pensais rester chez vous en pyjama. Celle où tu sors juste pour aller acheter des chips dans ton t-shirt trop grand «bénévole 2007» et tu croises une amie du cégep par hasard. Finalement, tu te ramasses à faire des shots avec ton amie et Guylaine Tremblay dans un bar crad en chantant au karaoké Baby one more time et tous les succès de Britney jusqu’à ce jour. Pis tu finis ça ben paquetée au Lafleur devant une poutine à 5 heures du matin. C’est ÇA, la soirée de ta vie. Mais tu le sais pas encore, alors c’est correct.)

Pis je les trouve beaux les finissants. Tellement beaux.
Ils ont travaillé forts. Ils sont arrivés au bout du secondaire. Ils sont fiers.
Ils tournent la page sur l’adolescence et entrent dans le monde adulte (Ben… si on peut appeler le cégep le monde des adultes.)

C’est un beau rite de passage, le bal.

Même si je trouve que ça a beaucoup changé. Avant, le bal de finissants, c’était vraiment plus un bal. Amène ta robe à crinoline, ton diadème et tes gants aux coudes!

Maintenant, quand je vois passer des photos de bal de finissants, on dirait juste des gens qui sortent dans un club sélect du Vieux-Montréal. (D’ailleurs QUI va clubber dans le Vieux-Montréal?!) Vous êtes sûr que vous avez «juste» 16 ans?!

Dans mon temps, on ne voulait une robe de princesse. Pas une robe de riche héritière socialite d’Hollywood.
Peu importe le style et l’époque, la robe reste un élément TRÈS important (sinon primordial) du bal.

Le stress et l’angoisse principale étaient d’avoir la même robe qu’une autre fille. Comme Roxanne, la fille de l’animation de secondaire en spectacle et Inguivild, la fille de l’échange étudiant de Norvège.
Les deux ont acheté leur robe à la place Portobello.

(La Place Portobello, c’est un centre d’achat qui est figé dans le temps. Y’a un bar qui s’appelle juste BAR, y’a un Zellers pis une animalerie qui sent dans tout le centre d’achat.)

Je n’avais pas ce stress-là : ma mère a fait ma robe pour mon bal. Sur mesure.
Une belle robe verte, avec du blanc et du bling. Et j’ai ajouté une petite touche personnelle avec des gants blanc jusqu’aux coudes, évidemment. (Tellement classy!)
Mes cheveux étaient habilement remontés par une coiffeuse de la place Portobello. (Y’avait pas grand chose à Brossard avant le DIX30.)


Mon critère numéro 1 pour ma robe, c’était d’avoir des bretelles pour que je puisse mettre une brassière. J’ai le goût de danser sur Follow the leader sans avoir peur de flasher tous les finissants pis qu’on m’en reparle aux retrouvailles dans 10 ans. 

J’ai passé pas mal de temps sur ma robe. (Ben, techniquement, ma mère a passé pas mal de temps sur ma robe. Moi, j’ai passé beaucoup de temps à y penser mettons.)

Pis le jour du bal, quand tu l’enfiles et que tu te prépares. T’as vraiment l’impression d’être une princesse.
Voir tout le monde sur son 31, se sentir important avec une salle de réception dans un hôtel, danser toute la soirée, prendre des photos, faire ses «adieux».
C’est vrai que c’est la soirée de ta vie. (À date.)

J’ai adoré mon bal.

Depuis cette magnifique soirée, ma belle robe est dans une housse dans le sous-sol chez ma mère.

Je l’ai remis une fois, pour l’avant-bal d’une de mes amies, en joke. Et y’a fallu que je garde mon coat tout le long parce qu’elle ne fermait plus dans mon dos.
(Je voulais la remettre pour mes retrouvailles mais…je me suis rappelée à temps qu’elle ne fermait plus.)

Bref, elle est toujours dans une housse dans le sous-sol chez ma mère. 
À moins qu’elle soit aller la donner sans m’en parler.

Sinon, elle va rester dans ce sous-sol jusqu’à la fin des temps.

mercredi 31 mai 2017

Un tatou pour la vie (prise 27 483)

Ça, c'est le genre de tatou que ton cousin weird a. 
Tsé, ton cousin qui met tout le monde mal à l'aise?

Ok, je ne me ferait jamais tatouer ça. 
Mais je trouve ça cool. 

C'est un tatou de Bouddha ou c'est un auto-portrait? 

Je me demande si sa mère est fière de lui?
Ou est-ce qu'il doit manger tout seul dans la salle de bain à Noël?

MAIS POURQUOI?!
POUR-QUOI?!

Money Over Bitches. 
Heureusement, avec un tatou de même, je pense pas qu'il va y avoir beaucoup de «bitches» autour de toi. 

La base, quand on se fait tatouer, c'est de regarder l'orthographe. 
Je ne suis pas bilingue et je vois la faute dans TRAGEDY. 

Ça, c'est le genre de tatou qui est drôle une semaine. 
Pis après...ouin. 

Je sais que la vraie Amy avait l'air maganée, mais me semble qu'elle avait pas l'air SI maganée que ça, non? 

Je ne serais vraiment pas à l'aise que mon père ait un tatou du genre dans le dos.
Surtout si on ressemble vraiment à ça. 

Semen Demon?
Comme, tu es le démon du sperme?
Pourquoi?! Parce que tu en mets partout ou parce que tu en reçois beaucoup?
Peu importe, c'est juste weird. 

jeudi 25 mai 2017

Les deux adolescents qui s'aimaient bien

J’étais en voiture, pognée dans le trafic, pas loin de chez nous.
Et ça, c’est la pire chose au monde : être pognée dans le trafic à 2 coins de rue de chez toi.

Au coin d’une rue, je vois 2 adolescents.
Un gars et une fille. Ils viennent de finir l’école. Ils ont leur sac à dos. Le gars a sa boîte à lunch. Ils portent leurs uniformes scolaires. 

Ils ont 13-14 ans peut-être.
(Quoique…aujourd’hui, je trouve ça tellement difficile de donner un âge à un ado. Me semble qu’ils sont grands et qu’ils ont vraiment l’air des adultes vite. Genre, j’ai déjà vouvoyé une fille en secondaire 5 et penser qu’un gars de secondaire 4 était un prof à l’école où j’étais en show.)

Ils sont au coin de la rue et parlent.
Je suis dans ma voiture, je les regarde. Et je souris.

Parce qu’au premier coup d’œil, on dirait juste 2 adolescents qui se parlent, avant de rentrer pour écouter la télé et peut-être commencer leurs devoirs.

Mais quand on prend le temps de les observer (ce que j’ai eu le temps de faire en masse parce que même si la lumière virait au vert, personne ne bougeait d’un pouce), on voit ce qui se passe vraiment.

Ces deux adolescents se plaisent.
S’aiment bien. Se trouvent de leur goût.
Et ne savent pas comment se le dire.

Ça paraît dans la façon dont ils se tiennent. Face à face, un peu plus proche que quand tu parles avec un ami mais moins collé que quand tu es vraiment intime avec la personne.

Ça paraît dans la façon dont ils ne sont pas capables de se regarder droit dans les yeux. Toujours à tourner le regarder autour, pour finalement revenir sur le visage de l’autre, gêné.  

Ça paraît dans leur façon de rire. Dans leur façon de piétiner l’un devant l’autre. Dans les petits gestes qu’ils font pour se frôler. Dans leur façon de parler. Dans les petits silences gênés. Dans leur façon d’essayer d’être cute pour l’autre.

Ils se plaisent.
Et ne savent pas comment se le dire.
Et c’était beau à voir.

Jusqu’à ce que le charme soit rompu par l’arrivée d’un grand frère (je pense que c’était celui du gars).

Les adolescents se sont séparés pour rentrer, sans se faire de câlin, sans se serrer dans leurs bras, sans se donner 2 becs. Même si je sais qu’ils en mourraient d’envie.

Et sans doute qu’ils allaient repenser et rêvasser à ce petit moment de leur journée, en espérant qu’il se reproduise le lendemain.

Je souriais toute seule dans ma voiture, témoin invisible de cette relation amoureuse silencieuse.
Je leur souhaitais vraiment de se déniaiser et de trouver le courage de faire un move.

Je me suis revue, moi, adolescente, dans cette même situation.
C’était la première fois que je m’intéressais à un gars et qu’il s’intéressait à moi en retour.
On parlait des heures de temps ensemble, dehors, en se disant absolument rien.
On appréciait d’être ensemble sans oser en faire plus.
Finalement, il ne s’est jamais passé plus.

Et là, je revois la scène, exactement la même, et je souris.
Plus ça change, plus c’est pareil.
Combien d'adolescents ont vécu ça et le vivront dans les années à venir? Tous sans doute. 

L’adolescence, quand on est dedans, c’est terrible et complexe.
Mais quand on la regarde de l’extérieur, c’est magnifique.
Et drôle. Et beau. 

Et tellement simple.