Le gars dans le métro qui voulait vraiment trop parler (et la fille après lui)

Je suis dans le métro. Je ne me suis même pas chicané avec aucun employé de la STM. Ça sera une belle soirée.
Je lis un livre. J'ADOOORE lire dans le métro. C'est comme mon petit moment de détente. 
À la station suivante, un gars entre et s’assoit proche de moi. Je continue à lire.

Il me demande si je suis comédienne. Je souris, réponds non et continue à lire.
Il insiste : «Oui, oui, oui, vous êtes comédienne. Vous avez la même voix qu’à la télé!»
Je précise que je ne suis pas comédienne, toujours en souriant et qu’il doit faire erreur.
Il insiste encore : «Oui, oui, oui! Au canal 9! Vous faites des blagues!»
Je ris. Oui, je suis humoriste.
Il continue, en me citant 2-3 blagues que j’ai fait, en riant, précisant qu’il avait beaucoup aimé ça.
Je souris encore. Je lui dis qu’il a une bonne mémoire pour se rappeler de ces lignes en particuliers et je le remercie pour le gentil compliment. Il ne dit plus rien.
Et je retourne à ma lecture.

Il me parle d’un autre numéro que j’ai fait et qu’il a bien aimé. Sincèrement, il a une mémoire phénoménale. Je souris encore. Je lui parle un peu de ce numéro (celui des putes, pour ceux qui l’ont vu), précisant que c’est une histoire vraie. Il rit.
«Je pensais que c’était tout inventé!»
Il ne dit plus rien. Je recommence à lire.

Il me demande c’est quoi la formation pour devenir humoriste et si c’est un métier difficile. Je lui parle des autodidactes et de l’école de l’humour, je lui dis que, comme dans chaque métier, il y a des hauts et des bas.

J’ai le goût de lire. Vraiment beaucoup. Mais je vois bien qu’il veut jaser et que si je retourne à ma lecture, il va me reparler dans 16 secondes, juste le temps que je retrouve ma phrase.
Alors, je lui demande lui, ce qu’il fait dans la vie. On jase un peu.

Arrivés à «ma» station (qui est aussi la sienne), je m’attends à faire le trajet jusqu’à dehors avec lui. Mais non. Il me redemande mon nom, il me dit le sien (Tommy), me serre la main et, en guise de salut, me dit : «Tu diras à tes amis que ta carrière va bien! Tu as été reconnue par un homme dans le métro!»
Et il part.

Je pense que c’est fini. Mais non. Arrive une fille (celle qui était assise en face de moi) qui me dit à peu près la phrase suivante, en souriant : «Tu as été bonne. Il était insistant pour jaser et ne comprenait clairement pas ton non-verbal.»

C’est vrai que mon non-verbal, tout en politesse, disait «Merci beaucoup, vous êtes gentil, mais j’aimerais lire.»

Je ris. Comme il n’était pas méchant ni déplacé, ça ne me dérange pas. Je lirai en revenant. Il avait le goût de jaser…et je me mets à jaser avec la fille. Elle dit : «Je suis contente qu’il t’aille demandé ça. Tu me semblais familière mais je ne savais pas de où.»
Je ris encore. J’ai souvent l’air familière à bien des gens. Et on cherche de où on se connaît. École secondaire? Tel travail? Un ami commun?
Je n’ose jamais dire «Peut-être que tu m’as vu à la télé?». Ça sonne ben trop prétentieux…

On jase un peu. Ça adonne qu’on s’en va à la même place, pour un show d’humour. Elle est ben gentille. Je la salue d’ailleurs : Véronique. (Et j’en profite pour aussi saluer Tommy!)

On se sépare à l’entrée, en se souhaitant une bonne soirée pis toute.
Et en partant, je me dis que les gens sont gentils.
J’ai croisé 2 personnes que, peut-être que je ne reverrais jamais, mais qui m’ont fait sourire.

Ça aurait pu être désagréable et lourd et comme une corvée. Mais non. On était juste des humains qui se parlent entre eux au lieu de s’ignorer (oui, on a le droit de faire ça, c’est fou han?). Et ça a fait ma soirée.

Même si j’ai pas avancée dans mon livre.

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