La fois où je faisais de la radio (...à 10 ans, dans mon sous-sol...)

Quand j’étais plus jeune, hum, je ne sais pas trop, disons vers 10-11 ans?
Je me souviens que j’avais la cassette du premier album des Spice Girls.
Alors disons 10 ans et demi pour être juste.

Bref, quand j’avais 10 ans et demi, je voulais faire de la radio. Je trouvais ça tellement cool, la radio. Tu parles dans un micro, tu fais jouer de la musique, tu as toujours du fun (à cette époque, je ne trouvais pas encore que ça avait l’être d’être un fun forcé. Je trouvais que ça avait VRAIMENT l’air le fun dans le studio. Parce qu’on va se le dire, ton équipe de radio peut être vraiment nice, personne ne rit autant à 6h18 le matin après un descriptif du trafic sur la 40. Mais bon.)

Et j’avais de la suite dans les idées.
Dans le sous-sol, dans ce que l’on appelait «la partie pas finie» (vous allez voir, l’origine de ce nom est très original : c’est une pièce de rangement où les murs n’étaient pas fini et le plancher non plus. Une pièce où on mettait tout : décorations de Noël, photos, litière des chats, vieille machine à coudre, outils. Maintenant, le sous-sol a été refait. Mais on dit encore «dans la pièce qui était la partie pas finie». C’est ancré en nous faut croire.), je m’étais patenté de quoi.

Pourquoi avoir choisi la pièce la plus sombre, la moins aéré et la plus bordélique de la maison? Parce que je savais qu’on y allait rarement. Et que j’aurais la paix. Qu’on ne me dérangerait pas pendant mon émission de radio, pendant que je serais en ondes.

J’ai pris une planche de bois qui trainait (un restant de vieux lit? Une projet de bibliothèque qui a jamais vu le jour? Un morceau de mur? Qui sait!) et je l’ai monté sur des tréteaux de bois qu’on avait et que j’ai jamais vu personne se servir jamais.
Là dessus, j’ai placé ma console.
Et par console, ce que je veux vraiment dire c’est «ma radio-cassette».

Après, je suis allée chercher ma collection de cassettes, pour la mettre bien en évidence sur la table. Pour être un bon animateur de radio, je savais qu’il fallait aussi faire jouer de la musique qu’on aimait moins. Alors j’ai aussi pris des cassettes de ma mère et ma sœur.

Je suis allée chercher mes écouteurs. Et je me suis gossée un micro.
Est-ce qu’il fonctionnait?
Non. Ho Non.
Mon micro était une lampe de poche sur laquelle j’avais tapé un bout de papier construction noir que j’avais mis en boule, avant de le recouvrir de tissu, noir également.
J’avais vu sur une photo dans le Filles d’Aujourd’hui (en fait, j’assume que c’était dans cette revue, parce que, vraiment, où est-ce que je trouvais mes informations sinon? Sur Internet? ÇA EXISTAIT PAS!!!) de quoi avait l’air les micros de radio.
Le mien donnait une vague (très vague) illusion de ressemblance à un vrai micro.

Je voulais le faire tenir par le haut, mais mes moyens techniques étaient trop faible, alors je me suis contentée de le faire tenir debout sur la table.

Après, j’ai «branché» mes écouteurs dans le micro. Je me suis fait une mini console avec des pitons (comprendre ici : dessiner des pitons sur un morceau de styromousse) et VOILÀ!
Mon studio était prêt.

Mon émission n’avait pas de nom. Mais je me souviens que je parlais de ma journée, que j’annonçais la météo et que je faisais même des commentaires sur le trafic (même si je savais moyennement c’était quoi. Je droppais le mot boulevard métropolitain comme si j’avais construit la place et je disais toujours de l’éviter. Ce qui, dans 99% des cas, devait s’avérer vrai).

Après, je faisais jouer de la musique. Quand ma mère m’appelait pour souper, je quittais mes auditeurs en leur disant qu’ils étaient les meilleurs du monde et qu’on allait se revoir le lendemain. Et pour les remercier de leur fidèle écoute, je leur dédiais la prochaine chanson (souvent une chanson des Spice Girls) je pesais sur play et montait souper en courant avant que ma mère m’appelle pour une 3e fois en se fâchant.

Ma carrière radio de sous-sol a duré quelques semaines.
C’était vraiment le fun.
Mais mes cotes d’écoute n’étaient pas terrible.
La station n’a pas renouvelé mon contrat et de tout façon, je n’avais plus le temps vu mon horaire chargé : je rentrais en 6e année.



Commentaires

  1. Mes parents m'avaient offert un petit système de radio qui diffusait pour vrai ( bon mettons max chez le.voisin...) mais tu pouvais faire pleins d'effet sonores c'était trop nice !! Bon ayant un père animateur je me souviens que quand je l'ai déballé j'ai dit : eeee c'est tellement pas.comme une vraie radio...hahaha

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