L'automobiliste qui m'a fait de l'attitude

Proche de chez moi en ce moment, il y a des travaux.
Des gros travaux.
Des esti de gros travaux.
Genre j'ai oublié c'était quoi ma vie avant ces travaux-là et je pense pas vivre assez vieille pour voir le résultat final.

Mais bon, mis à part les places de stationnement qu'on perd, le bruit, les coupures d'eau fréquentes et le fait qu'à pied on doit faire 4 kilomètres de détour pour aller au dépanneur, ce n'est pas si pire.

Le pire, c'est le feu de circulation que les conducteurs ignorent et ce qui rend le tout très dangereux pour les piétons. (Pour vrai, je suis surprise qu'il n'y ait pas encore eu d'accident. Quoique, y'en a peut-être eu, je ne suis pas au coin de la rue 24h sur 24.) 

Je dirais qu'un automobiliste sur deux ne voit pas le feu de circulation. (Et je ne peux pas vraiment le blâmer: à cause des travaux, des fils, des camions...la lumière n'est pas super voyante.)

Et quand tu ne sais pas qu'il y a une lumière, tu ne ralentis pas, tsé.

Pour les piétons, c'est un peu (beaucoup) risqué. Personne n'ose traverser à sa lumière, tant qu'il n'y a pas une voiture d'arrêtée en premier. Histoire qu'elle serve de barrière pour les autres autos.

Un après-midi, je reviens chez moi.
Je suis au coin maudit, que je dois traverser.
C'est mon tour.
Je me risque un pied dans la rue. Je regarde des deux côtés (comme ma mère me l'a appris enfant).
Un côté clear.
De l'autre, un VUS qui s'en vient à toute vitesse.

Sa lumière est rouge. Mais je suis vraiment pas sûre qu'il le sait.
Je le regarde et je décide de sagement retourner sur le trottoir. Même si c'est à moi de traverser.
J'aime mieux attendre 15 secondes de ma vie, que 15 semaines dans un lit d'hôpital.

Le VUS roule toujours aussi vite.
Et arrête sec à la lumière.
(Je fais une parenthèse ici mais c'est vraiment le genre de conducteur que j'haïs le plus au monde. Tsé, ceux qui accélère pour arriver à une lumière? À QUOI ÇA SERT?)

Je ne veux pas rentrer dans les clichés, mais je vais y aller pareil parce que c'était ça que j'avais dans la face. Un gars, avec une casquette, des tatous pis des gros biceps (pardon des pipes) et sa pitoune avec des rallonges assise à côté de lui avec un petit chien sur les cuisses. Un beau couple direct sorti de la rive-nord (je le sais, ils avaient leur passe de la 25) dans un VUS de l'année.

Le gars m'a fait une face qui voulait dire «Voyons t'es ben épaisse je t'avais vu, c'est pas parce que je vais au dépanneur en char et que je frôle des cyclistes que je vais rouler sur des piétons quand même!»

Il m'a pointé en riant en disant à sa blonde que j'étais pissou (je l'ai entendu, sa fenêtre était baissée).
Sa blonde m'a regardé, en riant, avec une face de «Pauvre fille, elle doit pas être vite, vite, avoir peur des voitures!».

Ils me jugeaient, les deux dans leur VUS.
Et moi, je les jugeais en traversant la rue.

Parce que le langage corporel de ton char ne disait pas «Je t'ai vu mademoiselle, je vais ralentir, y'a une lumière.»
Il disait «Pèse sur la suce, on va manquer le début du 5 à 7 au Saint-Hubert.»

Pis tu sais quoi? Je ne peux pas lire dans tes pensées.
(Malheureusement ou heureusement).

Fak juge-moi tant que tu veux.
Pis moi, je vais garder l'usage de mes jambes.

Deal?

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